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EPOQUE 3: Faut-il raser la ZUP? (1995 - 2015)

Selon un ancien proviseur du collège Condorcet, les élèves d’origine étrangère étaient à peine 5 % à son arrivée en 1970. Lorsqu’il a pris sa retraite vingt ans plus tard, ils représentaient 8 élèves sur 10. Rien d’étonnant à cela puisque l’école est le reflet du peuplement du quartier.

La question que l’on peut se poser est pourquoi, durant deux décennies, les responsables du logement social, les décideurs, l’administration, ont laissé faire cette concentration de populations d’origine étrangère dans un quartier déjà en difficulté sociale ?

Il est vrai que toutes les générations de migrants ont connu la relégation dans les quartiers périphériques. Le dernier exemple en date est celui des Comoriens concentrés par les bailleurs sociaux dans quelques immeubles de Pissevin. C’était sans doute une solution de facilité face à leur arrivée massive (« Si nous ne les mettons pas là, où allons-nous les mettre ? »). Mais l’absence de chiffres sur l’origine des habitants d’un quartier est un facteur aggravant.

Après la seconde guerre mondiale, tirant les leçons de la persécution des Juifs et des minorités par l’Allemagne nazie, la France a rendu quasiment impossible le recueil de données « raciales » ou « ethniques ». En conséquence, il n’existe pour l’administration que deux catégories : Français ou étranger. Si un collégien, un demandeur de logement social, possède la nationalité française, aucune mention ne peut être faite de son origine et aucun « quota » ne peut donc être appliqué.

A l’inverse, les décideurs des pays anglo-saxons ont une connaissance plus juste de la répartition de la population puisqu’ils catégorisent les différents groupes qui vivent sur leur sol selon des critères comme le pays d’origine, les pratiques culturelles ou religieuses.

Résultat de ce tabou français : des chiffres qui ne reflètent nullement la réalité vécue par les habitants. Alors que les familles de Pissevin déplorent un manque total de mixité dans les écoles du quartier, au point de faire de gros sacrifices pour scolariser leurs enfants dans le privé, l’Education Nationale s’est longtemps réfugiée derrière des chiffres faussement rassurants.

Les bonnes intentions des législateurs ont finalement masqué la dérive « ethnique » des quartiers, avec une autre conséquence non moins grave : comment mesurer les discriminations à l’emploi ou au logement en fonction des origines s’il est impossible de faire mention de ces origines dans les statistiques ?

 

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