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EPOQUE 3: Faut-il raser la ZUP? (1995 - 2015)

Jeunes délinquants, en décrochage scolaire, sans qualification, discriminés, en perte d’identité etc etc… A Pissevin comme dans la plupart des quartiers en difficulté, le mot jeune est toujours suivi d’un qualificatif évoquant un problème.

Les jeunes : un mot fourre-tout qui recouvre tout et n’importe quoi puisque les moins de vingt-cinq ans représentent près de la moitié de la population des quartiers dits  "en difficulté ". Ils en sont l'image stigmatisante.

Peur ou danger réel ? Au delà de la posture guerrière de la culture rap et des attitudes provocatrices, difficile d’avoir une vision objective puisque les avis divergent : pour certains les fauteurs de trouble seraient une cinquantaine à peine et Pissevin ne connaîtrait pas plus d’actes de délinquance que le centre-ville, pour d’autres les femmes ne sortiraient pas après 18h et les livreurs ne desserviraient plus le quartier.

Les lieux mêmes sont anxiogènes : aucun commerce au pied des immeubles, des rez-de-chaussée désertés et murés, des parkings dévastés, des passages sombres et délabrés… Comme les adultes ont déserté le terrain (plus de gardiens dans les habitats sociaux, presque plus d’éducateurs, trop peu d’animateurs), les jeunes en sont devenus maîtres. Le quartier a deux vies : la population du matin, familles et personnes âgées, cède la place et le pouvoir aux jeunes à partir du milieu de l’après midi.

Les anciens rappellent le temps où un d’ilotier en mobylette (surnommé  "le garde champêtre ") faisait régner l’ordre parmi les garnements du quartier, connaissant chacun par son nom et rendant visite aux familles en cas de problème. Même nostalgie pour évoquer la police de proximité installée durant quelques années Galerie Wagner. Aujourd’hui les patrouilles passent sans s’arrêter,  "comme des touristes pressés ", déplorent les habitants. Il faut dire que tout ce qui ressemble de près ou de loin à un symbole de l’Etat n’est pas le bienvenu à Pissevin, y compris camions de pompiers ou même … véhicules d’auto-écoles étrangères au quartier.

La police a changé, les générations et l’époque aussi. A Pissevin comme ailleurs, le divorce est consommé entre des jeunes sur les nerfs et des policiers aux méthodes expéditives. Une marche pour la dignité a marqué la mort de Ziyad et Bounia, deux ados sans histoires de la banlieue parisienne, réfugiés dans un transformateur EDF par peur de la police. Le drame, et surtout son traitement politique, avaient provoqué les plus graves révoltes urbaines la France ait connues.

Ces dix dernières années, les émeutes qui faisaient les choux gras des médias se sont espacées pour laisser place à une violence diffuse, plus individualisée. Le malaise des jeunes français issus de l’immigration a progressivement pris la forme d’une crise identitaire. Amplifiée et récupérée par des semeurs de haine, cette quête de sens a emporté dans une dérive suicidaire plusieurs des enfants de Pissevin. Un nouveau défi que les institutions et des acteurs locaux n’ont pas vu venir et vont devoir affronter.

 

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